Accueil > Nos Actions > Journal de Bord des Opérations > Vacances Scientifiques > Paléo Maroc > Au delà de l’Atlas : des premières traces de vie aux dinosaures - 13-28/02/2025
Le Journal de Bord
Arrivée à Marrakech ce midi pour rejoindre rapidement le centre et son ambiance animée.
Quelques cailloux en pavé dans les rues mais rien de bien sédimentaire. En attendant on fait passer le temps avec un petit challenge d’orientation entre les échoppes du souk.
Le temps de boire un jus de fruit sur la place Jemaa el Fna et de préparer un peu le grattage des phosphates dans les jours à venir en visio avec Aymeric. Trop tard, il est déjà l’heure d’aller manger un couscous pour bien dormir.
Nous sommes partis de Marrakech après avoir savouré un petit déjeuner dans notre resto habituel, le snack Toubkal. Un départ aux aurores pour prendre la route en direction de Demnate.
Cette fois-ci, nous avons choisi d’éviter le traditionnel Col de Tichka pour emprunter un autre col, par des petites routes en travaux menant directement vers Ouarzazate. Un choix plus aventureux… et particulièrement mémorable !
Le trajet a été rythmé par des pauses atypiques :
* une pelleteuse en train de déblayer la route sous nos yeux,
* les photos dans la neige,
* de superbes affleurements géologiques qui annonçaient déjà la couleur du séjour.
Malgré les six heures de route, l’ambiance dans la voiture est restée excellente : discussions animées, enthousiasme partagé et excitation à l’idée des découvertes à venir.
À notre arrivée, nous nous sommes directement dirigés vers les premières zones de prospection dans le Miocène. Une courte prospection nous a déjà permis de trouver des bivalves ainsi que d’autres fragments de crinoïde et traces de rhynchonelle.
Nous avons ensuite fait quelques courses avant de rejoindre notre hébergement pour les trois prochaines nuits : Dar Laâyoune. Installation, Thé, puis premier tajine tous ensemble.
La soirée s’est poursuivie autour de l’ordinateur pour préparer et repérer les zones de prospection de demain.
Demain, Aymeric, un étudiant, nous rejoindra pour travailler sur ces sites dans le cadre de sa thèse. Nous découvrirons ensemble son sujet d’étude, pour le plus grand bonheur de toute l’équipe.
Aujourd’hui, on a accueilli notre nouveau compagnon : Ayméric, un étudiant en thèse à l’Université de Ben Guérir. Il travaille sur les vertébrés des Phosphates du Maroc qui sont célèbres pour leurs dents de requins, de mosasaures, de crocodiles ou encore de mammifères… !
Nous sommes donc partis ce matin sur le terrain avec Aymeric sur le site d’Aznag afin de trouver du matériel qu’il pourra étudier pendant sa thèse pour faire des comparaisons de faunes entre les différents gisements de phosphates.
Sur le terrain, nous avons vu différentes formations sédimentaires : conglomérats, grès, calcaires, marnes.
Nous n’avons malheureusement pas trouvé de dents ou autres débris osseux. Nous avons simplement pu collecter des structures arrondies que nous n’avons pas encore réussi à identifier, ainsi qu’une feuille assez bien préservée. Une trouvaille assez inattendue comme on s’attendait à trouver des fossiles qui vivaient en milieu marin et non terrestre. Nous irons sur un site similaire demain en espérant trouver plus d’échantillons.
Nous avons ensuite repris la route, trouvé des cornes de vaches dans le désert, puis nous avons roulé en direction des Gorges de Dadès pour aller voir les Doigts des Singes, une formation de grès rouges érodés par la pluie et le vent.
Ils font de magnifiques canyons que nous avons descendus, avant de rentrer pour manger un excellent poulet grillé !
Départ de la vallée des Roses pour Tinghir afin d’aller étudier de nouvelles formations phosphatées. La route serpente entre plaines arides et palmeraies dans les vallées.
En arrivant au pied de la butte, nous laissons la voiture pour monter jusqu’aux affleurements datant du Thanetien.
Après quelques heures à gratter dans les marnes et quelques grimpettes dans les falaises, les dents et autres fossiles se font toujours rares. Nous décidons de profiter d’un coin ombragé pour manger un super en-cas.
Dans l’après-midi nous repartons pour Aznag afin d’échantillonner d’autres secteurs et de reprendre quelques données. Là encore choux blanc mais nous repartons avec le sentiment d’avoir bien essayé.
Rentrés à l’hébergement le traditionnel tajine nous attend. Suivi d’une petite séance de travail afin de réaliser un log du site d’Aznag.
Aujourd’hui, nous avons quitté notre logement de la région de Boumalne ainsi que notre très estimé thésard Aymeric qui est retourné à son labo à Ben Guérir. De notre côté, nous avons mis le cap vers Ouzina dans le sud-est du Maroc.
Au passage, nous nous sommes arrêtés à Imider pour vérifier des roches qui pouvaient potentiellement fournir des échantillons pour la thèse d’Aymeric. Nous y avons observé beaucoup de calcaires avec des coquilles fossiles à l’intérieur. Nous y avons vu en même temps un vol de cigogne ainsi qu’une couleuvre de Forskal.
Nous avons poursuivi notre route en passant par Erfoud où nous avons pique-niqué chez Saïd, notre super hôte de la fin de la semaine. Puis nous avons continué vers Ouzina afin de commencer à prospecter sur demande de Bertrand Lefebvre, un paléontologue de l’Université de Lyon 1. L’objectif est de trouver un groupe de fossile peu commun, de vieux cousins des oursins et des étoiles de mer, nommé les diploporites. Nous avons commencé à repérer les strates et nous poursuivrons nos recherches demain.
PS : Aymeric, on n’a toujours pas vu de vertébrés fossiles pour le moment, mais on t’a trouvé des marnes !
Ce matin, nous avons commencé la prospection sur le site dit « Trilo Surprise », correspondant à des niveaux ordoviciens. Le contexte lithologique est constitué de nodules calcaires renfermant des trilobites. Après ouverture méthodique de plusieurs nodules, quelques spécimens ont été dégagés avec succès.
Nous nous sommes ensuite rendus sur un site situé à proximité d’Ouzina afin de retrouver un niveau fossilifère repéré hier. Malgré une prospection attentive, aucun fossile n’a été récolté. Toutefois, la localisation précise du site est désormais confirmée, ce qui permettra une étude plus approfondie lors d’une prochaine sortie.
En milieu de journée, direction les anciennes mines de Baryte puis celle du secteur du Filon 12. L’observation des structures filoniennes a permis d’identifier plusieurs minéralisations intéressantes : quartz rouge, hématite, vanadinite, galène et calcite.
La chaleur devenant importante, une pause prolongée à l’ombre s’est imposée. En fin d’après-midi, nous avons poursuivi la prospection sur le site des Kess Kess (Dévonien), où plusieurs fossiles ont été récoltés : coraux, bivalves, poissons et trilobites.
Départ tôt ce matin direction les Kem Kem par les pistes avant qu’il ne fasse trop chaud. Sur place avec les tamis on a pu trouver des dents de poissons, dinosaures ou encore ptérosaures mais aussi des roses des sables, des vertèbres et des écailles de poissons.
Pour la suite du programme nous avons été nous mettre au frais dans une oasis puis nous sommes aller dire bonjour à Mohammed qui possède une impressionnante collection de fossiles.
Dans l’après-midi, nous avons repris la route ! Cette fois, nous sommes allés au nord d’Hamar Laghdad où se trouvent les Kess Kess pour voir des gisements que notre hôte, Saïd, connaît bien. Nous avons roulé à travers le désert et nous nous sommes arrêtés à un premier gisement dont les roches sont datées de l’Ordovicien supérieur, soit environ 450 millions d’années.
On a eu la surprise de voir des fossiles de conulaires ! Ce sont de vieux cousins des coraux, disparus il y a plus de 200 millions d’années, qui avaient une coquille allongée à ornementation et angles très prononcés. Ce qui était impressionnant ici, c’est qu’ils étaient très nombreux de grande taille (certains jusqu’à 20 cm !).
Une rapide vérification auprès des paléontologues spécialistes du sujet nous a permis de savoir qu’il s’agit de conulaires nommés Archaeoconularia consobrina, une espèce courante dans l’Ordovicien de la région.
Nous sommes ensuite allés à un second site un peu plus loin, toujours daté de l’Ordovicien. Cette fois, en plus de quelques conulaires, nous avons trouvé des escargots et des trilobites du groupe des trinucléides en grande quantité !
Aujourd’hui, c’est la journée des départs ! Nous avons déposé Laetitia et Arnaud à leur bus qui les a emmenés à Marrackech pour qu’ils puissent accueillir leur future classe arrivée du Québec.
De notre côté, nous avons mis le cap vers le nord, destination Errachidia où nous avons rendez-vous avec un chercheur de l’Université d’Errachidia et où nous logerons cette nuit. Sur la route, nous nous sommes arrêtés au pied des plateaux qui bordent le oued Ziz. C’est dans ce secteur que se trouvent des fossiles du Crétacé des Kem Kem que nous avions déjà vus plus au sud dans la semaine.
Comme au précédent site, nous n’avons pas été déçus ! Nous avons trouvé des dents de dinosaures, de poissons, de raies et beaucoup de fragments d’os !
Nous avons repris la route pour Errachidia pour y rencontrer Amar Alali, un géologue de l’université. Nous avons pu parler de potentiels projets communs et il nous a montré les vitrines de géologie et de paléontologie dans l’université. Nous espérons pouvoir le revoir la semaine prochaine avec de nouvelles trouvailles que nous aurons faites durant le second séjour.
C’est enfin le début du séjour ! Après notre arrivée à l’aéroport d’Errachidia, nous avons profité d’une bonne nuit de sommeil dans un appartement en ville. Nous nous sommes réveillés avec un temps magnifique, parfait pour notre grand départ pour notre destination : la région d’Erfoud et ses fossiles !
Nous avons pris notre petit-déjeuner en ville, puis nous sommes partis, cap vers le sud en suivant le oued Ziz, la grande rivière de la région.
Sur la route, nous nous sommes arrêtés sur les plateaux pour observer la vue de l’oasis qui est dans l’oued. C’est une des plus grande au monde ! Nous avons pu y voir un jeune traquet à tête blanche dans le plumage de sa première année et un cochevis huppé, un oiseau qui marche très vite.
Nous avons ensuite poursuivi notre route, passé Erfoud, et sommes arrivés à notre logement pour la semaine. Une magnifique kasbah au milieu du désert ! Nous nous sommes installés et avons fait le point sur ce que nous allons faire dans la semaine : quels sites nous allons visiter, pourquoi nous y allons et quels fossiles nous allons y trouver.
Nous sommes ensuite partis pour voir la palmeraie de Merzouga, plantée au pied des grandes dunes de sable aux teintes rouges. Les conditions y sont favorables pour l’épanouissement des arbres fruitiers dont certains étaient déjà en fleur, annonçant le printemps, tout comme le merle que nous avions entendu.
Puis nous sommes allés sur les dunes, couvertes de traces de passages de bousiers, pour y admirer le coucher de soleil !
Nous avons profité de la soirée pour nous reposer, car nous aurons une bonne journée de terrain demain !
La journée débute à 8h avec un petit-déjeuner marocain délicieux (gâteau maison, crêpes marocaines, jus d’orange, café, thé à la menthe…). Nous prenons ensuite la route pour le site de fouille de Tarafine dont les roches datent du Katien, une division de la période géologique de l’Ordovicien (vers 450 millions d’années). Nous savons qu’il y a des fossiles là-bas grâce aux fouilleurs locaux qui ont creusé plusieurs tranchées sur le site.
Notre objectif : essayer de trouver des fossiles de stylophores dans ces couches afin de les transmettre à Bertrand Lefebvre, spécialiste de ce groupe, pour lui permettre de les étudier. Trouver des stylophores au début de l’Ordovicien est courant, mais dans cette couche de la fin de cette période, ils restent rares et sont moins documentés.
Malheureusement, nous n’en avons pas trouvé, mais les fouilles furent tout de même fructueuses. Dans les premières tranchées du site, les échinodermes, le groupe qui comprend actuellement les oursins, les étoiles, les concombres et les lys de mer et les ophiures, caractérisé par une symétrie d’ordre 5, étaient très présents. On a pu voir des étoiles de mer, des ophiures et des morceaux de lys de mer. Il y avait aussi des groupes d’échinodermes éteints, notamment les édrioastéroïdes présents en très grand nombre. Des trilobites du groupe des trinucléides étaient aussi présents.
Dans les tranchées qui étaient plus hautes sur le site, les trilobites deviennent prépondérants ; nous y avons trouvé de nombreux trinucléides, associés à quelques autres moins nombreux. Ils pourront être étudiés plus précisément pour mieux connaître la communauté des trilobites de Tarafine, et éventuellement mieux dater le site.
A l’approche de la pause déjeuner, nous avons rejoint une tranchée creusée dans la colline qui surplombe le site, l’ombre était la bienvenue après à la chaleur du désert. Bananes, oranges, dattes, pain, Kiri, amandes et cacahuètes nous ont régalés.
Une partie du groupe est montée au sommet de la montagne pour admirer la vue pendant que les autres continuaient les fouilles dans la tranchée de la colline. Nous avons trouvé d’autres échinodermes fossiles un peu étranges : des solutes. Il y avait aussi des ophiures et un unique édrioastéroïde. Florian décide de ramener une plaque couverte de minuscules trinucléides pour la donner à l’université d’Errachidia.
Au final, on a vu une succession de faunes intéressantes. De bas en haut sur le site : édrioastéroïdes associés à des trilobites et des étoiles de mer ; des trilobites avec quelques rares fragments d’échinodermes ; beaucoup de trilobites avec des ophiures et des solutes. Le milieu de vie de ces animaux fossiles a dû changer au cours du temps pour qu’il y ait une telle variation dans les faunes fossiles que nous observons aujourd’hui.
Après cela, nous avons repris la piste du retour. Bravo à Florian pour ses exploits de conduite ! Pas besoin de tracter la voiture hors du sable ! En rentrant nous avons rangé et essayé d’identifier ces premiers fossiles de la semaine.
Nous avons terminé la journée autour d’un tajine poulet-légumes. Une belle première journée de fouille. Notre séjour commence bien !
Après un petit-déjeuner marocain copieux, nous sommes partis à 9h. Passé 30 minutes de piste, nous atteignons le site d’Hamar Laghdad daté du Dévonien (420-360 Ma). Nous avons distingué des structures coniques : ce sont d’anciennes cheminées hydrothermales que l’on surnomme aujourd’hui les Kess Kess.
Florian nous a rappelé le contexte géologique ainsi que l’objectif participatif : trouver des fossiles appartenant au groupe des placodermes, des poissons dont l’avant du corps est recouvert de plaques osseuses. Seule une douzaine ont été trouvés ici. Nous n’avons pas rempli l’objectif scientifique cette fois, mais nous avons fait une jolie récolte de coraux, goniatites, trilobites, bivalves et gastéropodes.
Pendant que nos camarades cherchaient les fossiles, Paul et Lucas ont eu la chance d’observer 2 espèces d’intérêt patrimonial cachées dans les cavités des anciennes hydrothermales : Le Grand duc ascalaphe et le Gounti du Désert !
Nous avons ensuite grimpé pour atteindre la Colline Rouge. En chemin, nous avons pique-niqué à l’ombre d’un arbre. La Colline Rouge est réputée pour abriter des trilobites rouges aux yeux verts. Ici, l’objectif est de trouver des blastoïdes, un groupe d’échinodermes aujourd’hui disparus. Nous n’en avons malheureusement pas trouvé, mais il faut dire qu’il n’y en a été trouvé qu’un seul échantillon jusqu’à présent… Là aussi, nous avons trouvé des coraux, goniatites, brachiopodes et bivalves, parfois rouges, en plus des trilobites rouges.
Nous sommes rentrés à l’hôtel à 15h et ceux qui souhaitaient sont allés à Erfoud pour visiter le village des artisans.
Ce tour à Erfoud nous a permis de découvrir l’écosystème économique autour des fossiles. C’est en visitant l’atelier d’Hamid que nous découvrons le travail de fourmi et de titan pour révéler les trilobites piégés dans leur gangue minérale.
Après avoir visité la partie atelier et la partie boutique, nous découvrons les artisans travaillant les célèbres calcaires à orthocères. Les conditions de travail sont très dures, entre poussière, bruit et pénibilité, les artisans poncent, meulent, assemblent des objets faits de fossiles.
Un rapide tour chez un vendeur de fossiles locaux, Mohammed, conclut la visite et permet à chacun et chacune de repartir avec un souvenir. Certains se voient même offrir de superbes fossiles de poisson qui seront donnés à l’Université d’Errachidia.
On a terminé la soirée avec un incroyable couscous, un délicieux gâteau pour l’anniversaire d’Aline et un cours surprise d’un paléontologue Anglais, David Martill, qui connaît le Maroc et les vertébrés fossiles ! Le hasard a fait qu’on se retrouve dans le même hôtel au même moment au Maroc !
Marhaban, après notre traditionnel petit déjeuner, direction chez Saïd pour rejoindre Laetitia et son groupe. Tout le monde est prêt, départ pour le site Kem Kem de Bine el Korbine. Ce terrain est daté du milieu de la période géologique du crétacé, soit environ 100 millions d’années. Superbe voyage en convoi sur la piste du désert !
Au site, deux groupes se forment : Lucas anime un atelier sur l’écologie du désert ; Florian et Saïd, atelier fouille. Nous découvrons facilement beaucoup d’ossements : dents de spinosaure, dents carcharodontosaure, vertèbres de poissons, dents et écailles de poissons, de crocodiles… Beaucoup de prédateurs et de poissons, et pas trop d’herbivores. Avec une majorité d’animaux aquatique ou très liés à ce milieu, l’environnement dans lequel ils vivaient devait s’apparenter au delta du Niger.
Pique-nique bien mérité à l’oasis de Saf Saf. C’est un havre de paix bien ombragé, avec une spécialité de Saïd : les œufs durs du désert. Nous restons pour une visite digestive dans l’oasis et sa cascade.
Nous partons ensuite pour Erfoud, au musée des Chimères, terminer la journée. Un petit tour rapide et retour à la kasbah !
La journée a débuté par un départ de notre logement, le Riad chez Saïd, après les derniers préparatifs logistiques.
Nous sommes ensuite passés par Rissani, la capitale historique de la région et le berceau l’actuelle famille royale du Maroc. Un passage par les souks a permis de faire quelques achats typiques comme des épices et des foulards, avant de quitter les zones urbaines pour le secteur désertique plus au sud.
L’objectif principal était l’exploration géologique du site d’Ouzina, ciblant spécifiquement les formations de l’Ordovicien inférieur. C’est ici qu’un échinoderme particulier, un stylophore, a été trouvé par hasard la semaine dernière. C’était une découverte très intéressante, car ils ne sont pas connus dans la région. Nous sommes donc revenus pour essayer d’en trouver d’autres et de mieux dater le site, car il y a un doute qui persiste. Pour nous donner des indices, nous devions trouver soit un trilobite nommé Placoparia, soit un échinoderme nommé Macrocystella.
Les travaux de prospection sur le terrain ont été concluants. Nous avons rapidement trouvé des Macrocystella !
Plus tard, au moins 3 spécimens de stylophores ont finalement été identifiés et prélevés, marquant leur première véritable mention répertoriée sur ce gisement précis.
Des trilobites ont également été récoltés au cours de la fouille pour aider à affiner la datation du site. L’objectif scientifique fixé pour cette zone a donc été pleinement atteint !
L’équipe a ensuite fait mouvement vers le secteur de Merzouga. Nous nous sommes baladés dans les dunes jusqu’à la nuit tombée. La nuit est passée en tente confortable, dans le désert.
C’est une dernière journée pleine pour notre équipe de fouillées et fouilleuses aguerri•e•s. Nous nous réveillons au son de la musique des djembés animés par des touristes à 6h50 avec aussi quelques cris. Nous voilà donc réveillés. Une belle rencontre naturaliste nous attend, des moineaux blancs (Passer simplex) parcourent le campement.
Petit déjeuner avalé, nous allons chez Saïd pour dire « besslama » ou « au revoir » aux québécois, à l’équipe OSI et à Saïd. Nous en profitons pour faire des achats souvenirs dans l’échoppe attenante.
Mais l’objectif du jour est devant nous. L’équipe a encore faim de fouilles et le Crétacé des Kemkem du nord d’Erfoud est plein de promesses.
Dans ces grès rouges âgés de 100 millions d’années, nous avons vu une impressionnante faune fossile :
* dents, vertèbres de la raies Onchopristis,
* dents de spinosaures, de cacharodontosaures, de crocodiliens, de poissons divers,
* fragments d’os et de vertèbres,
* écailles de Tortue, de poisson ou ostéodermes de crocodiles,
* sans compter les oursins, les gastéropodes et autres bivalves présents qui proviennent des calcaires du haut du plateau.
Il est temps de rejoindre notre appartement pour la nuit où un tajine livré à domicile ravit tout le monde. Le bilan révèle un séjour réussi et des axes d’amélioration intéressants pour l’an prochain.
Une dernière surprise se produit vers 21h25. L’enseignant-chercheur Amar Alali de la Faculté des Sciences d’Errachidia nous fait le plaisir de sa visite. Nous échangeons et lui remettons du matériel d’étude, notamment des poissons de Goulmima et des placodermes des Kess Kess.
Ce séjour paléontologique se termine avec un avion prévu tôt le matin du samedi. Des rencontres, du Maroc et des sciences un cocktail incroyable accessible chaque année !
